Centre de Recherche sur le Poétiques du XIXe siècle

Séminaires

Master

Paolo Tortonese

Séminaires de M. Tortonese 2018-2019

Master 1
Théorie et histoire du roman: comique et sérieux

(premier semestre, le mercredi de 11h à 13h, centre Censier, salle 304a)

Henry James disait de Balzac qu’il est « le plus sérieux de tous le romanciers », mais il ajoutait : « par quoi je suis bien loin de vouloir entendre que le comique est un élément absent de la comédie humaine qu’il nous donne en spectacle. » Oscillant entre le comique et le sérieux, Balzac fait apparaître, au cœur du réalisme moderne, une contradiction dans les modes de représentation qui mérite d’être examinée par la théorie littéraire aussi bien que par l’histoire du genre romanesque. Nous travaillerons d’une part sur les théories du comique, d’autre part sur la tradition du roman comique, qui s’étale du xvie au xviiie siècle et aboutit au roman réaliste. Nous envisagerons ce dernier comme le roman qui cesse de faire rirede la matière traditionnellemnt comique : la partie inférieure de l’être humain, le corps et ses fonctions, et la partie inférieure de la société, les basses classes. Nous étudierons des œuvres critiques et théoriques, en premier lieu le livre d’Erich Auerbach, Mimesis, la représentation de la réalité dans la littérature occidentale, Paris, Gallimard, 1969. Nous lirons des chapitres de romans du xviie siècle et du xviiie siècle, ainsi qu’un roman de Balzac : Eugénie Grandet (édition conseillée : Honoré de Balzac, Eugénie Grandet, éd. É. Reverzy, Paris, Flammarion, « GF », 2008).

Master 2
Romantisme et irrationalité

(Premier semestre, le jeudi de 9h à 11h, salle Max Milner, Sorbonne)
Le romantisme est-il un mysticisme réactionnaire qui s’oppose à l’exercice de la raison ? Est-il, au contraire, la poursuite libérale de l’idéologie des Lumières ? Des interprétations opposées ont été élaborées par l’histoire littéraire, qu’il est intéressant aujourd’hui de mettre en perspective. Le romantisme apparaît sans conteste comme une révolution comparable et inverse à celle de Galilée : il remet l’homme au centre de l’univers, et conçoit cet univers moins comme un mécanisme que comme un organisme, dont le sujet fait lui-même partie. Mais il réintroduit également dans le monde les forces que les Lumières avaient écartés ou réprimées : la religion, l’amour, le mal, la violence, la folie, la métaphore poétique. Détruit-il ainsi la raison ou lui porte-t-il un défi qui ne cesse de la questionner  depuis deux siècles ?
Corpus de travail : Balzac, Ursule Mirouët ; Charles Nodier, « Smarra » ; Théophile Gautier, « Le club des hachichins », « Arria Marcella » ; Prosper Mérimée, « La Vénus d’Ille », « Mateo Falcone », « Tamango », «Lokis».
Bibliographie : Georges Gusdorf, Le Romantisme, Payot, 1993 ; Paul Benichou, Romantismes, Gallimard, 2004.