Centre de Recherche sur les Poétiques du XIXe siècle

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Séminaire Goncourt

Ce séminaire a lieu le vendredi de 14h à 16h, au centre Censier (salle 410), en parallèle au séminaire Zola. Sous la responsabilité de Pierre-Jean Dufief et d'Éléonore Reverzy. Première séance le 22 octobre.

2021/2022
Chronique, Chroniqueuses, Chroniqueurs et Chroniqué(e)s.

Le séminaire se déroulera à la Sorbonne nouvelle à partir du 22 octobre 2021 un vendredi après-midi par mois et s’achèvera par une journée d’études qui se tiendra à la Maison de la recherche de la Sorbonne nouvelle début mai 2022. 

22 octobre: Eléonore Reverzy et Jean-Didier Wagneur, présentation de l'objet du séminaire de cette année: la chronique chez les Goncourt
10 décembre 2021 : Paul Aron (ULB) "Monselet chroniqueur: une vocation assumée ?"
14 janvier 2022 : Blandine Lefèvre (CRP19, SN) "Les "dessous secrets du temps" : le récit goncourtien au rythme de la rumeur mondaine".
11 février 2022 : Alain Vaillant (CSLF, Paris Nanterre) à préciser
11 mars 2022 : Jean-Didier Wagneur (BNF) "Charles Demailly entre chronique et roman"
15 avril 2022 : Maria Gugliotta (Université Kore d'Enna, Italie) à préciser


Par la place prise par le journal, son écriture et sa généricité, la chronique a pollinisé la littérature du dix-neuvième siècle [1]. Jules et Edmond de Goncourt en ont fait l’apprentissage à L’Éclair puis au Paris, à l’époque même où ils engageaient leur entreprise diaristique. Parallèlement, au cours du siècle, au sein de l’université ou des sociétés savantes, historiens et philologues compilent et remettent en circulation les grands chroniqueurs et plus largement les chroniques de l’ancienne France. Parallèlement sont exhumés les gazetiers de la révolution Renaudot. Comptes rendus, apologues, nouvelles, simples anecdotes ou rumeurs urbaines, issues de la rue, des salons et de la République des lettres sont offerts grâce à la réimpression de titres de la presse littéraire du XVIIIe siècle (Bachaumont, Métra), pratiqués par les Goncourt, Aurélien Scholl ou Charles Monselet. Avec ces « gazettes du temps », le sens originel du mot chronique (« récit qui présente les faits historiques dans l’ordre de leur succession ») s’est déjà restreint pour envisager non plus l’histoire dans son déroulement chronologique et édifiant, mais souvent le présent immédiat de la nouvelle à la main : la petite histoire du quotidien. Avec Mérimée et la Chronique du règne de CharlesIX, l’histoire se fait vignette et les découpages pittoresques de la linéarité historique, qui s’organise en saynètes et se donne à voir autant qu’à lire, relèvent bien d’une petite histoire, ou d’un envers de l’histoire, qui ne sont pas dépourvus pour autant d’une exemplarité. Le sous-titre du Rouge et le Noir, « chronique du XIXe siècle », puis « chronique de 1830 », implique également une possible généralisation à partir de l’enregistrement de petits faits vrais et de la biographie d’un fils de charpentier.

La chronique pose un observateur face à la comédie humaine qui y saisit des contenus curieux, drôles ou significatifs, offrant matière à la conversation par leur viralité. C’est une chambre d’échos de ce qui a lieu et se dit dans les espaces de sociabilité (salons, dîners, théâtres, cafés, salles de rédaction), aussi use-t-elle plus que raison du name-dropping en s’articulant parfois au « puff ». L’expression « défrayer la chronique » est alors en cohésion avec l’individualisme, la promotion et la diffusion d’une image publique, nourrie certes d’actes et de paroles, mais bien davantage de leur reportage et de leur partage par des communautés. De fait, on assiste à une réduction du périmètre de la chronique qui en vient à se voir traitée en quelques feuillets, sinon en quelques lignes, le tout monté en mosaïques. Tout journaliste n’est pas chroniqueur [2] en titre. La hiérarchie du journal réserve cette rubrique à des personnalités notables du champ médiatico-littéraire.

De la même manière qu’en médecine une maladie est définie comme « chronique », la société dans son ensemble semble vivre une expérience « chronique », celle de l’entrée dans une modernité déterminée par la publicité, le storytelling et la tension entre nouveauté et péremption. C’est le nouveau régime d’un reportage universel, sinon en temps réel, du moins peu différé. La chronique s’offre toujours comme « relation » à la fois dans son sens générique, mais aussi anthropologique : connaissance du réel et culture partagée. En effet, la chronique moderne conserve sa dimension narrative mais en « feuilletant » le social. En prise sur le présent, elle saisit des moments, des expériences, des existences, des sociabilités qu’elle dote soit d’une forme d’exemplarité dans le cadre d’une sociologie spontanée qui prolonge le physiologique et le panoramique, soit d’un exotisme acculturant le lecteur à la sémiotique de la Grande Ville. Les Goncourt, écrivains « phonographes » comme l’a montré Jean-Louis Cabanès, restitue ainsi la vie parlante qui les entoure, saisissant des mots, transcrivant des formules, consignées dans leur Journal avant d’être prêtées à leurs personnages : cette mémoire orale et chroniqueuse irrigue aussi bien leurs ouvrages d’historiens que leurs romans. La chronique, plus qu’un genre, est une voix, un mode d’énonciation dialogique prenant en charge et contrôlant la polyphonie sociale.

Péguy au début du XXe siècle lit les témoignages sur la Commune de Maxime Vuillaume comme une nouvelle chronique qui, loin de « l’histoire endimanchée » des historiens, est seule garante du rendu des événements. Serait-ce un héritage immédiat des nouvelles écritures que le journalisme littéraire expérimente entre relation des faits, enquête, écrit testimonial et reportage ? Il y a ainsi des moments « chronique » dans le Journal des Goncourt– au moment du Siège et de la Commune sous la plume d’Edmond, auparavant lors des comptes rendus de premières, de soirées, de grands dîners. Ainsi un dîner chez la Païva peut-il inspirer une chronique méchante qui, à rebours de l’euphémisation de la chronique mondaine, s’attache à décrire ridicules et travers, à relever bons et mauvais mots, à décliner rosseries diverses. Chérie est envahi par la chronique mondaine comme l’a montré Guillaume Pinson dans Fiction du monde, prenant ainsi la suite deCharles Demailly, « roman parlant » où des personnages chroniquent les uns devant les autres l’activité culturelle du temps dans la lignée d’Illusions perdues.

Les contributions pourront prendre en compte les usages que les Goncourt font de la chronique à la fois dans leur traitement de l’histoire, notamment celle de l’art, dans leur expérience de journalistes et dans leurs proses. Il peut être intéressant de se pencher sur les liens profonds que ce genre entretient avec l’anecdote qui en constitue le fonds et rayonne aussi bien à travers revues et journaux qu’à travers une histoire littéraire anecdotique qui se développe de manière significative. De même, elle gravite autour d’un regard fortement individualisé qui sait se distinguer par son acuité ou son esprit et basculer souvent naturellement dans la satire ou le caricatural, quand il n’est pas typologique en saisissant une situation ou un être à partir d’un détail. Ainsi, lorsqu’elle aborde le compte rendu de la sociabilité parisienne, la chronique a à voir aussi bien avec le portrait, le croquis ou l’esquisse. De même on pourra s’interroger sur le fait que le terme « chronique » détermine aussi souvent des contributions spécialisées, lorsqu’il est associé à la bibliographie, au théâtre, aux salons, à la science ou à la finance. Le chroniqueur opère des choix, a une fonction prescriptive et sa pratique libre et personnelle est mitoyenne de la « critique » dont elle semble constituer une forme mondaine et médiatique. La chronique est ainsi labile, c’est une forme ouverte qui par la concurrence entre journalistes s’offre souvent comme exercice de style, voire performance. La visée du présent dont la chronique rend essentiellement compte ne peut être, enfin, séparée de la question littéraire et artistique du réalisme et du naturalisme. Le roman dit « parisien » ou de « province » a l’ambition de saisir le social dans une optique influencée par la chronique et le reportage.

Éléonore Reverzy & Jean-Didier Wagneur

 


[1] Un sondage dans le catalogue des imprimés de la Bibliothèque nationale de France fait apparaître pour le seul dix-neuvième siècle presque 700 titres et sous-titres de périodiques contenant le terme « chronique » et près de 5000 volumes. Tout en prenant en compte les rééditions, c’est une production qui est par trois fois supérieure à celle du siècle précédent. Même constatation lorsqu’on utilisengramviewerpour analyser la courbe des occurrences entre 1750 et 1900. Compte tenu du corpus propre à Google livres et un usage important en histoire comme de la forme adjectivée dans les sciences médicales, on constate autour des années 1840 un décollage significatif du terme.

[2] Le journalisme confond souvent les surtitres « feuilleton » et « chronique ». Ainsi la série de Gavarni « Les Messieurs du feuilleton » qui réunit les chroniqueurs du Paris. Voir la courbe de fréquencecalculée avec Retronews en dernière page.

 




2020/2021
La question économique chez les Goncourt

(cliquez ici pour la présentation du programme)


20 novembre : introduction par Béatrice Laville et Vérane Partensky

4 décembre : Patrick Baubeau, université Paris Ouest Nanterre : « Le libéralisme et le socialisme, enfants jumeaux du capitalisme ? »

21 janvier : Claire Pignol, université Paris I Panthéon Sorbonne : « Peines et bonheurs de l'économie dans Germinie Lacerteux ».

19 février : Jean-Yves Mollier, université Versailles Saint-Quentin : « Droit moral et droit patrimonial chez les Goncourt »

12 mars : Alexandre Péraud, université Bordeaux Montaigne: « Renée, Charles, Elisa et alii : les économies contrariées des Goncourt »

Vendredi 28 mai : Journée d’études

 



2019/2020
Le Paris des Goncourt

18 octobre 2019
Séance sur l'édition du Journal animée par Jean-Louis Cabanès (Paris Nanterre)

15 novembre 2019
Dominique Kalifa (Paris I)
Le Paris de l'amour au temps des Goncourt.

13 décembre 2019 (séance annulée)
Pierre-Jean Dufief (Paris Nanterre)
Le Paris des Goncourt ; présentation générale.

17 janvier 2020
La conférence de Jean-Didier Wagneur, initialement prévue le 17 janvier, est reportée au 29 mai 2020. Pierre-Jean Dufief interviendra à la place.

Jean-Didier Wagneur (BnF)
Images du boulevard.

28 février 2020
Gabrielle Melison (Université de Lorraine)
Le lexique de Paris.

20 mars 2020
Edouard Galby Marinetti
Le Journal des Goncourt et le siège de Paris.

17 avril 2020
Éléonore Reverzy (Sorbonne Nouvelle)
Les Goncourt inventeurs de la banlieue.




2018/2019

Les Goncourt et le détail

 

26 octobre 2018
Éléonore Reverzy (Sorbonne nouvelle)
Introduction

16 novembre 2018
Bertrand Marquer (Université de Strasbourg)
"Avec une sérénité de vieux poisson rouge" : autour d'un détail de Charles Demailly.

18 janvier 2019
Jean-Didier Wagneur (BNF)
Dieu, diable, détail...

22 février 2019
Éricka Wicky (Collegium de Lyon)
Détails et anecdotes : des matériaux pour l'Histoire.

22 mars 2019
Pierre-Jean Dufief (Université de Paris-Nanterre)
La micromanie des Goncourt : enjeux pratiques, poétiques et esthétiques.

12 avril 2019
Shoshana-Rose Marzel (Zefat Academic College)
Par le petit bout de la lorgnette : accessoires optiques, lunettes, lorgnons, etc. - chez les Goncourt.



 

2017/2018

Les Goncourt et la mode

27 octobre 2017
Éléonore Reverzy (CRP19 / Paris 3)
Introduction générale

24 novembre 2017
Manuel Charpy (IRHIS / CNRS - Lille 3)
Écrire et décrire la mode. Vêtements, enquêtes sociales et littérature dans le Paris du XIXe siècle.

19 janvier 2018
Julien Zanetta (Genève)
"Porter son temps", ou l'invention du peintre à la mode chez les Goncourt.

23 mars 2018
Cyril Barde (Paris 8)
Octave Uzanne : écrire la mode après les Goncourt.

13 avril 2018
(en salle Pasteur, à l'ENS Ulm, 45 rue d'Ulm 75005 Paris)
Shoshana-Rose Marzel (Zefat Academic College)
Analyse de la mode enfantine dans les romans des Goncourt.

18 mai 2018
Journée d'études





2016/2017
Les Goncourt et la caricature

9 décembre 2016

Jean-Louis Cabanès (Sorbonne Nouvelle)

Les Goncourt et la caricature.

 

20 janvier 2017

Édition du Journal (t. V, 1869-1871)

 

24 février 2017

Paul Aron (Université Libre de Bruxelles)

Les Goncourt caricaturés.

 

24 mars 2017

Édition du Journal

 

21 avril 2017 

(Maison de la Recherche, 4 rue des Irlandais)

Édition du Journal

 

9 juin 2017

(BNF, salle 70, 9h30-17h)

Les Goncourt et la caricature (journée d’études)

avec la participation de Laurent Baridon, Silvia Disegni, Michela Lo Feudo, Valérie Stiénon, Bertrand Tillier, Alain Vaillant




 

2014/2015
Programme


24 octobre 2014

Édition du Journal

21 novembre 2014

Emmanuel de Survire

Les Goncourt et Charles Edmond.

23 janvier 2014

Édition du Journal

20 février 2014

Édition du Journal

20 mars 2014

Édition du Journal

 

22 mai 2014
(à la maison Goncourt)
Les Goncourt et la religion (journée d’études)


2013/2014
Programme

18 octobre 2013

Édition du Journal

22 novembre 2013
Charles Grivel

Autour de En 18…


Jean-Louis Cabanès

1848 dans l’œuvre des Goncourt.

6 décembre 2013

Édition du Journal

24 janvier 2014

Édition du Journal

21 février 2014

Pierre-Jean Dufief

Les Goncourt et la pensée traditionaliste.


Bilan des travaux sur le Dictionnaire des Goncourt

21 mars 2014

Éléonore Reverzy et Nicolas Bourguignat

Le Second Empire dans le Journaldes Goncourt.


2012/2013
Programme

26 octobre 2012
Édition du Journal

23 novembre 2012
Édition du Dictionnaire Goncourt sous la direction de Pierre-Jean Dufief

14 décembre 2012
Édition du Journal

18 janvier 2013
Édition du Journal

22 février 2013
Édition du Journal

31 mai 2013

(à la maison Goncourt)

Journée d’étude sur Chérie

 


2011/2012
Programme

 

14 et 15 octobre 2011

(Université Paris-Ouest Nanterre La Défense)

Colloque « Le Journal des Goncourt », I 

18 et 19 novembre 2011

(Université Victor Segalen – Brest)

Colloque « Le Journal des Goncourt », II

13 janvier 2012

(CNRS, salle des conférences, 14h-17h)

Édition du Journal

 

26 et 27 janvier 2012

(Université Bordeaux III)

Colloque « Le Grenier d’Auteuil »

10 février 2012

(CNRS, salle des conférences, 14h-17h)

Édition du Journal

30 mars 2012

(CNRS, salle des conférences, 14h-17h)

Édition du Journal

26 mai 2012

(à la maison Goncourt, 14h-17h)

Demi-journée sur Renée Mauperin

avec des interventions de Stéphanie Champeau, Béatrice Laville, Chantal Pierre et Éléonore Reverzy




2010/2011

Programme


22 octobre 2010

Édition du Journal

 

26 novembre 2010

Jean-Didier Wagneur

La genèse des Hommes de lettres.

 

17 décembre 2010

Édition du Journal

 

21 janvier 2011

Jean-Louis Cabanès

L'érudition dans les nouvelles "fantaisistes".

 

4 mars 2011

Henri Mitterand

Les Hommes de lettreset les romans de presse.

 

25 mars 2011

(maison de la recherche, rue des Irlandais)

« La langue littéraire en 1880 » (journée d’études)

avec la participation de Gilles Philippe, Christelle Reggiani, Myrian Sfar et Lola Stibler

 

29 avril 2011

demi-journée centrée sur Sœur Philomène

Avec la participation de Colette Becker, Béatrice Laville et Pierre-Jean Dufief




2009/2010
Programme

23 octobre 2009
Édition du Journal

 

20 novembre 2009
Édition du Journal

 

11 décembre 2009
Édition du Journal

 

22 janvier 2010
Édition du Journal

 

19 mars 2010
Édition du Journal

 

9 avril 2010
Éric Bordas

La Sœur Philomène : nomination et détermination.

Jean-Louis Cabanès

Fantaisie et érudition dans Une voiture de masques .

 

16 avril 2010
Journée d’études sur « Les Gongourt et le biographique ».

 

7 mai 2010
Sandrine Berthelot

Fantaisie et dérision dans Charles Demailly et Une voiture de masques.

 

Vérane Partensky

Fantaisie et fantasmes.