Joie du poème
Séance du séminaire Poésie et pensée.
Conférence de Guillaume Artous-Bouvet.
Résumé :
Cette présentation partira d’un constat philologique (hérité des recherches de Jacques Roubaud dans La Fleur inverse, mais approfondi et infléchi vers une poétique des affects) : l’apparition de la joie dans l’histoire de la poésie ne consacre pas seulement la venue au premier plan culturel d’une émotion, mais constitue un véritable événement de langue. Les troubadours désignaient en effet comme joi le résultat de l’opération spéciale du poème ; distinct de « la joie », « le joi » (au masculin) relevait d’une expérience inséparablement existentielle et linguistique, que seule la poésie rendait possible, de sorte que le poème vienne ou survienne comme la nécessité d’acter une joie qui n’est là qu’en puissance : nulle joie sans poème, nul poème sans joie. Il s'agira dès lors de se demander dans quelle mesure cette « logique » peut être celle du poème en général.
Programme du séminaire