Centre de Recherche sur les Poétiques du XIXe siècle

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  • Titre de la Th├Ęse: Les Silences de Rimbaud

Juliette Dumont

Les Silences de Rimbaud, sous la direction de Henri Scepi.
 
Rimbaud est devenu un mythe par son silence définitif, qui pour les uns est aveu d’impuissance de la poésie sur le monde, pour les autres accomplissements d’une poésie faite action sur le monde. Le silence de Rimbaud permet toutes les herméneutiques. Mais s’il est devenu le filtre par lequel passe toute lecture du poète, cela n’a-t-il finalement pas été rendu possible par les nombreux silences de toutes sortes qui lui préexistent ?
Les silences du poète et de ses textes permettent tout type de récupération. Ils perturbent l’univocité de tout discours et autorisent la mise en suspension de la signification. Mais ils ont aussi à nous apprendre. En introduisant des non-dits, des mystères et de l’ambiguïté, ils sont la marque d’une poésie qui ne se contente pas d’univocité, mais qui poursuit une valorisation de l’implicite, du suggestif, par rapport à la poésie de l’emphase ou du mot juste, d’une poésie en somme, qui cherche davantage la puissance que la perfection de la représentation. Dans cette nouvelle esthétique, le silence devient langage : matériau poétique, proposant des variations de teintes qu’il nous conviendra d’observer.
Matériau poétique, le silence permet en outre de créer une fulgurance dans la représentation mentale des images. Plus qu’un témoignage sur l’incapacité de la parole à saisir l’objet, plus qu’un aveu d’écart incommensurable entre le langage et l’objet de la représentation, les Illuminations attestent de la capacité du poète à faire émerger l’inouï, à faire jaillir un surcroît de sens. Cette manière dont le poète parvient à faire jaillir la présence par l’absence n’évoque-t-elle pas les discours mystiques ? Ce sera l’objet de ma recherche.