Centre de Recherche sur les Poétiques du XIXe siècle

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  • Titre de la Th├Ęse: Par-delà les « bains de réalité violente ». La poétique du lessivé dans l’œuvre romanesque zolienne

Emilie Bauduin

Par-delà les « bains de réalité violente ». La poétique du lessivé dans l’œuvre romanesque zolienne, thèse en cotutelle sous la direction d'EléonoreReverzy (Sorbonne Nouvelle) et Véronique Cnockaert (Université du Québec à Montréal).

Ma thèse, fondée sur une approche aux croisées du littéraire, de l’historique, du culturel et du social, cherche à mettre au jour la portée symbolique et axiologique de la représentation de certains motifs associés à la propreté (le bain, le ménage, la lessive) chez Zola, de même que l’influence de ces motifs hygiéniques sur la poétique romanesque zolienne. Je cherche, d’une part, à montrer que les romans de Zola intègrent en leur sein un imaginaire du nettoyage, du bain et de la lessive – lequel est étroitement lié aux questions de propreté et de saleté, de santé et de maladie, de moralité et d’immoralité, ainsi qu’à celles de pureté et d’impureté au XIXe siècle – qui est fondamental pour appréhender le projet romanesque et social auquel Zola voulait donner naissance par la plume. D’autre part, je souhaite exposer, par une étude fine des textes, combien la poétique zolienne se trouve contaminée par ces motifs, de même que par les discours hygiénistes en vogue au XIXe siècle. Cela dit, certains glissements, dévoiements et écarts subsistent entre ce que nous pourrions appeler les « idéaux hygiénistes » de Zola, explicités à maintes reprises dans sa correspondance, ses articles de journaux, ses dossiers préparatoires et ses critiques d’art, et ses représentations de l’hygiène. Puisqu’à l’instar de Marie Scarpa, qui s’appuie elle-même sur les travaux de Jacques Dubois (1980), je crois « que le texte romanesque, polysémique, ne présente qu’une cohésion toute relative » et que « l’un des rôles de l’interprétation [est] justement de faire sentir ce décalage entre ce que le texte prétend dire […] et ce qu’il dit en fait » (2011 [2000] : 51), je cherche donc aussi à évaluer les écarts qui subsistent entre les ambitions zoliennes, que l’on pourrait qualifier « d’hygiénistes », et les « hygiénisations » thématiques, stylistiques et langagières inscrites dans ses romans, lesquelles participent, selon moi, d’une véritable poétique du lessivé.