Centre de Recherche sur le Poétiques du XIXe siècle

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  • Titre de la Th├Ęse: Poésie et synesthésie dans l’œuvre de Charles Baudelaire : une poétique de la totalité entre imagination sensible et savoir

Florelle Isal

 Sous la direction de Henri Scepi et Mireille Calle Gruber

Résumé :

 

 

    La présente étude se propose d’éclairer la signification des « Correspondances » baudelairiennes par une approche sensible et émotionnelle mais aussi transdisciplinaire notamment esthétique et historique. Si le vers : « Les parfums, les couleurs et les sons se répondent[1] » résonne encore cent cinquante-ans après la mort du poète, la formule mérite d’être réinterprétée au regard de l’ensemble de son œuvre tant poétique que critique. Baudelaire lui-même semble l'avoir remise en cause au point qu'on peut douter que les « Correspondances » soit pour lui une théorie, un système figé.

      Le vers du poème éponyme n'associe horizontalement et simultanément que trois sens. Or il convient d’ouvrir l’horizon interprétatif en cherchant à comprendre la manière dont les cinq sens circulent, non seulement de manière horizontale mais aussi verticale. Cette remise en cause de l’axiologie de ce système permet de définir ainsi l’expérience synesthésique dans toute son épaisseur.

    La mobilité des « Correspondances » invite à poser la question de l’unité du monde, principe fondateur de l’analogie universelle, reliant le macrocosme et le microcosme depuis l’Antiquité. Les parfums, les couleurs, les sons, les goûts et les touchers peuvent-ils toujours se répondre dans le contexte idéologique positiviste du second Empire, époque de matérialisme galopant et de désacralisation concomitante ?

Il s’agira de montrer comment Baudelaire dépasse cette mise à mal de l’unité en tissant de nouvelles relations possibles entre l’homme et le monde. Par la magie de ses « Correspondances», le poète-alchimiste parvient à « transformer la boue en or[2]».et transcende ainsi la modernité.

     Les synesthésies étant plus qu'un procédé ou simple artifice mais bien un mode de connaissance, elles doivent être resituées dans le champ des savoirs du XIXe siècle.  En tant que « sciences du sentir », elles présentent l’originalité chez Baudelaire d’être efficientes grâce au travail de l' imagination. Cette « Reine des Facultés[3] » comble les vides laissés par la science et rend littéralement sensible la réalité entrevue grâce aux images suggestives. Symboles et Allégories revisitées permettent de faire vibrer le lecteur, l’entrainant dans une ivresse lyrique hybride hyper-moderne et universelle.

 

 

Mots clés : analogie universelle, Correspondances, synesthésies, imagination sensible,  émotions, sensations, fantasmes, savoirs

 

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