Centre de Recherche sur le Poétiques du XIXe siècle

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  • Titre de la Th├Ęse: La fascination des ténèbres : le mauvais oeil dans la littérature du XIXe siècle.

Sofia Ibrahimi

Thèse sous la direction d'Éléonore REVERZY (Paris 3) et de Christine MARCANDIER (Aix-Marseille).

Présentation de la thèse

Le XIXe siècle est le siècle de l’œil. L’invention du daguerréotype, puis de la photographie, l’esthétique réaliste, les toiles des impressionnistes témoignent bien de ce qui est une véritable révolution du regard. Mais à côté de cet œil moderne se maintient un œil ancien, à l’origine de la fascination ou de l’influence, qu’elle soit bénéfique (œillade amoureuse) ou maléfique (mauvais œil). Ces motifs, qui seront mis en relation avec le mauvais œil, ont fait la fortune du genre fantastique.

Le mauvais œil est l’une de ces croyances ancestrales les plus répandues dans les cultures européennes traditionnelles. Les plus crédules le voient comme une malédiction ou une maladie incurable. Bien que l’expression « mauvais œil » renvoie, dans l’imaginaire, à un mauvais sort ou à la malchance, elle n’en reste pas moins abstruse pour une majorité de personnes. La croyance au mauvais œil correspond au pouvoir supposé que l’on prête au regard d’un individu. Ce mauvais regard est caractérisé par l’envie ou la jalousie de la personne qui le lance, il est capable d’attirer la maladie, le malheur et la mort.

L’originalité de cette topique, au XIXe siècle, est générique – le mauvais œil s’inscrit dans plusieurs genres ( la nouvelle, le conte, le roman, le théâtre, la poésie ) – et stylistique – l’œil mauvais fait office de rappel, de « clin d’œil » pour qui aurait connaissance de la croyance.On relève, enfin, un renouvellement sur le plan thématique puisque les vieilles sorcières et autres lanceurs de mauvais sorts disparaissent presque complètement au profit de la figure plus moderne du jettatore, celui qui, littéralement, jette la jella, le mauvais sort.

Publications

« Mérimée et la littérature romantique du mauvais œil. Sources et influences. » (mai 2017, séminaire Mérimée)